03 nov

La Voix de l’Enfant visite les centres EJE à Gaza, 25-29 Octobre

Une délégation de l’association fédérative la Voix de l’Enfant (VDE), dont l’organisation les Enfants, le Jeu et l’Education (EJE) est membre, a visité la Bande de Gaza du 25 au 29 Octobre.

La délégation était constituée de la Directrice de la Voix de l’Enfant Martine Brousse, de son collègue Jérôme Baptiste, de Stephane Hessel, Ambassadeur de France et un des rédacteurs de la Déclaration Universelle des droits de l’homme, et de son épouse Christiane, Présidente d’honneur de EJE. La délégation était accompagnée de Mr.Regis Debray, écrivain et philosophe français, auteur récemment de « Lettre à un ami Israélien ».

Le but de la visite de la VDE était de faire l’état des lieux de la situation dans la bande de Gaza presque deux ans après l’ Opération Plomb Durci, et de conduire une évaluation des équipes de EJE qui interviennent dans les centres d’animation à travers des programmes éducatifs destinés à des centaines d’enfants palestiniens. Stephane et Christiane Hessel sont des habitués de la bande de Gaza où ils retournent régulièrement. Comme l’affirme la Présidente d’honneur de EJE, “Gaza me tient à cœur. Ce qui m’y ramène, c’est son peuple qui fait preuve d’un courage exceptionnel, dans une situation exceptionnelle. Il faut être venu à Gaza pour comprendre.”. En ce qui concerne le travail de EJE, elle rajoute: “EJE met en œuvre une expérience très originale, parce qu’elle est extra-scolaire, qu’on apprend aux enfants par le jeu des valeurs fondamentales et qu’on les aide ainsi à surmonter les problèmes auxquels ils sont confrontés dans leur vie personnelle. Quand nous sommes venus l’année passée la situation était dramatique et les enfants étaient dévastés. Maintenant je constate une amélioration. Les enfants vont mieux, ce qui prouve l’importance de tels programmes”. Stephane Hessel rajoute: “ Finalement dans notre travail avec les enfants, nous devons laisser de côté la question de l’avenir très incertain, mais travailler à une formation ouverte et enthousiasmante. C’est là que la notion de jeu est essentielle, où il faut apprendre à se respecter, à vouloir devenir le meilleur tout en développant un esprit sportif. Par ailleurs, les droits doivent faire partie de l’apprentissage. C’est un des piliers de l’action de la VDE. Les enfants doivent être considérés comme sujets et non comme objet. Ce qui est important, c’est qu’ils se développent en tant que personnes responsables.”

Le programme de la visite a été très riche entres visites dans les centres et visites de terrain. Dans le camp de réfugiés de Rafah, l’équipe a eu l’occasion de conduire des interviews avec des enfants qui leur ont parlé de leurs difficultés mais aussi de leur rêves et espoirs, et combien il était important pour eux de se rendre au centre d’animation. Un des jeunes a simplement dit « dès que je rentre dans le centre, je me sens heureux ». Les visites de terrain ont permis à la délégation de mieux saisir la dure réalité à laquelle est confrontée la population, notamment lors d’une visite à un fermier qui vit à 400 mètres de la Ligne Verte. Père de 5 enfants, il a perdu son épouse en Juillet 2010, lorsque sa maison a été bombardée par des obus remplis de fléchettes. Des rencontres avec l’organisation de défense des droits humain Al Mezan, le Bureau de Coordination pour les Affaires Humanitaire de l’Organisation des Nations Unies (OCHA), et John Ging, directeur régional de l’UNRWA dans la bande de Gaza ont permis de prendre toute la mesure des conséquences désastreuses du siège sur la population civile, et de l’importance de travailler dans la bande de Gaza. John Ging a par exemple indiqué que plus de 270 nouvelles écoles de l’UNRWA sont nécessaires pour accueillir les enfants palestiniens dont le nombre est toujours croissant, mais Israël a donné l’autorisation pour seulement 8 écoles!

Stephane Hessel et Martine Brousse ont par ailleurs participé à une émission radio menée par les étudiants Palestiniens en français du Centre Culturel Français. Lors de ces échanges très riches, les jeunes Palestiniens ont pu témoigner de leur impression d’enfermement et de leur manque d’espoir en l’avenir alors qu’ils n’aspirent, comme l’a souligné un professeur de français, qu’à vivre dignement. Stephane Hessel a rappelé l’importance pour les Palestiniens de continuer à s’indigner et à résister, en utilisant les instruments juridiques qu’ils ont à leur disposition. Il a aussi rappelé la responsabilité de la communauté internationale qui doit agir pour faire respecter le droit afin que l’occupation cesse et de permettre à la Palestine d’accéder à un Etat.

Enfin Regis Debray et Stephane Hessel ont pu participé à une table ronde organisée par le CCF sur le thème de “l’Occident face à la question palestinienne”. Les échanges, très libres, ont été très enrichissants et ont témoigné de la vitalité des Gazaouis . Enfin, Stéphane Hessel a inauguré la Fête de la Science organisée par le Consulat Français à la fondation Al Qattan qui a permis à des centaines d’enfants palestiniens d’échapper à leur quotidien en regardant un peu plus vers le ciel.

La Voix de l’Enfant, en se rendant dans la bande de Gaza par l’Egypte, a voulu envoyer un message fort de soutien à la population de Gaza. Comme le déclare Martine Brousse: “Je vais rentrer en disant que notre priorité aujourd’hui dans la région du Moyen Orient, c’est Gaza. C’est notre priorité parce que les Palestiniens sont debout, ils ont de l’espoir. Nous n’avons pas le droit de les abandonner. Nous devons par les programmes éducatif encourager le respect, la considération de soi et des autres, et la connaissance des droits des enfants. En rencontrant ces familles si durement touchées par les massacres, juste le fait d’apporter un ballon a permis à ces enfants de retrouver le sourire, de redevenir des enfants. Il ne faut pas grand chose pour que la vie revienne. Nous avons la responsabilité d’accompagner ces enfants jusqu’au bout, quelle que soit l’issue.»