31 août

La Rentrée du Petit Prince à Bethléem

Interview avec Jacques Neno, directeur de l’école du Petit Prince

A l’école maternelle française de Bethléem, le Petit Prince, la rentrée s’annonce pleine de surprises. Anciens et nouveaux élèves vont découvrir une nouvelle équipe pédagogique, mais surtout de nouveaux locaux : l’école a en effet déménagé ! Petit tour d’horizon avec Jacques Neno, directeur de l’école.

EJE : Jacques Neno, l’école du Petit Prince a changé de locaux cette année. Pourquoi ?

Jacques Neno : L’école du Petit Prince n’était, depuis sa création il y a deux ans, qu’une école maternelle. Aujourd’hui, afin de permettre aux enfants de continuer leur scolarité en français il nous fallait ouvrir un cycle élémentaire. Pour cela nous avions besoins de nouveaux locaux, plus grand. Avec ce nouveau bâtiment, c’est chose faite : le 1er étage sera consacre a la maternelle, et le deuxième au cycle élémentaire. Ainsi, le Petit Prince devient une véritable école primaire (comprenant les cycles maternelle et élémentaire).

EJE : Une nouvelle classe de CP (cours préparatoire) sera donc ouverte cette année ? Plus généralement, quels sont les effectifs prévus ?

J.N. : Peu d’enfants sont inscrits en CP (seulement 1). Nous ferons donc certainement une classe mixte Grande section de maternelle-CP. Une vraie classe de CP existera donc plutôt l’année prochaine, mais le fait d’ouvrir un CP rassure les parents pour la continuité scolaire de leurs enfants. En prévoyant des locaux assez grands pour accueillir un cycle élémentaire, le Petit Prince respecte ses engagement moraux vis-à-vis des parents.

Pour répondre à la deuxième partie de la question, nous attendons cette année une trentaine d’enfants. Ils sont pour la plupart palestiniens, mais il y aura tout de même un français. L’équipe pédagogique se compose de 3 enseignants à temps plein (dont une Professeur des Ecoles titulaire de l’Education Nationale française), Brigitte, Oifa et Rémi. Nous aurons donc des classes d’une dizaine d’enfants, ce qui est un certain luxe en Palestine ! De plus, en complément de ces titulaires, les enfants recevront la visite régulière d’un professeur d’anglais, d’un professeur d’arabe, et d’un ASEM (Agent Spécialisé dans l’Education Maternelle).

EJE : Le but du Petit Prince est donc de permettre, à terme, aux enfants de suivre la totalité de leur scolarité primaire dans une école française ?

J.N. : Tout à fait ! Nous prévoyons que d’années en années de nouvelles classes d’un niveau supérieur s’ouvrent, afin de suivre les enfants, et cela jusqu’au CM2 dans 4 ou 5 ans. Ainsi, un enfant ayant fait toute sa scolarité primaire au Petit Prince aura déjà derrière lui huit ans de pratique de la langue française, ce qui est une bonne base ! Il sera alors tout à fait envisageable pour l’enfant de poursuivre sa scolarité en français, soit au lycée français de Jérusalem, soit dans la section française de l’école des frères, ici, à Bethléem.

EJE : Quels sont les avantages qu’offrent de l’école française du Petit Prince ?IMG_8500_2 (Medium)

J.N. : Ils sont de différents ordres….Tout d’abord, il faut mentionner que le Petit Prince donne accès à la francophonie à beaucoup de familles qui ne peuvent pas se permettre de mettre leurs enfants au Lycée français de Jérusalem. Le Petit Prince est certes une école privée, elle n’en reste pas moins abordables pour la classe moyenne palestinienne.

Ensuite, l’école cherche à appliquer les nouveaux programmes éducatifs. C’est un véritable projet pilote d’expérimentation pédagogique. Il s’agit de mettre l’enfant au centre des activités, afin de le faire grandir en humanité. Il n’est pas seulement question de lui inculquer des connaissances, mais plutôt de lui apprendre à vivre en communauté, afin d’être un futur citoyen responsable, ouvert sur le monde.