14 oct

Gaza: Deux ans apres l’Operation Plomb Durci: pas de reconstruction, pas de perspectives, plus d’excuses.

Pour la première fois depuis Février 2009, un membre du bureau de EJE de Bethléem a pu rentrer dans la bande de Gaza afin de faire un état des lieux de la situation générale à Gaza et en particulier du travail des centres d’animation et de leurs besoins. Son constat sur la situation est sans appel.

La situation générale peut être qualifiée de critique. La bande de Gaza subit un siège aussi injuste qu’illégal depuis plus de trois ans. Le siège qui a provoqué un isolement complet et sans précédent de la Bande de Gaza a eu des conséquences désastreuses sur la société civile, et sur les enfants palestiniens dont les besoins se sont accentués après l’Opération Plomb Durci (27 Décembre 2008-21 Janvier 2009). 18 mois après l’Opération Plomb Durci , les effets sont encore visibles et des milliers de Palestiniens sont encore déplacés, et vivent dans des habitations précaires, voire des tentes. Lors de cette opération militaire massive, plus de 4000 bâtiments ont été détruits, y compris de nombreuses usines, 15000 maisons ont été endommagées, provoquant le déplacement de 100000 personnes. Pour satisfaire les besoins de la population, ce sont 88 000 maisons qui devraient être construites. Mais les principaux matériaux de construction, ainsi que de nombreuses marchandises sont toujours interdits d’entrée, ce qui paralyse les efforts de reconstruction. Ainsi, de nombreuses maisons mais aussi usines, fermes, écoles et hôpitaux, ainsi que les infrastructures essentielles comme les systèmes de traitement des eaux usées, ou les infrastructures électriques restent en ruines, comme les espoirs des Palestiniens de Gaza.

L’économie est complètement asphyxiée avec presque aucune possibilité d’exportation et de développement. 3,750 industries sont fermées, soient 90% du nombre total.

Avec l’imposition d’une « zone tampon » aux définitions extensives, 35% des terres agricoles ne sont plus accessibles aux fermiers, tant que les pêcheurs se sont vus imposes une limite de 5 km au-delà de laquelle ils ne peuvent pêcher, ce qui a entraine une chute drastique de leurs revenus.

Plus de 80% de la population dépend de l’aide humanitaire et 65% vivent en dessous du seuil de pauvreté. La situation sanitaire et de santé s’est aussi considérablement détériorée, notamment a cause d’une détérioration de la qualité de l’eau et des systèmes défectueux de traitements des eaux usées. La distribution de l’eau potable dépend en grande partie du bon fonctionnement de l’électricité, or actuellement les coupures sont d’ordre de 8 a 12 heures par jour. La centrale électrique a été endommagées, de nombreuses pièces ne peuvent pas être remplacées et la quantité de carburant n’est pas assez suffisante pour la faire fonctionner directement. De nombreuses personnes ont du avoir recours a des générateurs, qui en plus de couter cher, provoquent une grande nuisance sonore et pollue l’atmosphère.

Le système éducatif est aussi en lambeaux. Durant l’Opération Plomb Durci, 180 écoles ont été par ailleurs endommagées, et 18 détruites. Le manque de matériaux empêche la construction d’écoles qui manquent cruellement. Selon le Ministère Palestinien de l’Education, 105 écoles seraient nécessaires pour satisfaire les besoins. Ainsi 88% des écoles de l’UNRWA fonctionnent avec un roulement entre deux groupes d’élèves (un groupe le matin, un autre groupe l’après-midi), ce qui a un effet néfaste sur la qualité de l’éducation. Par ailleurs les tensions entre le Hamas et le Fatah, ont accentué et provoqué des dysfonctionnements dont les enfants font les frais. Les difficultés économiques ont aussi induit une augmentation du travail précoce chez les enfants.

53% de la population de la bande de Gaza sont des enfants. Quand la population civile est touchée, ce sont donc avant tout des enfants qui sont les victimes. Les difficultés familiales, matérielles ou sociales, altèrent fortement le quotidien d’après crise des enfants de trop nombreux enfants n’ont aucun accès aux jeux, et sont livrés à eux-mêmes sans aucun soutien. Le traumatisme est encore palpable. Comme tous les centres l’ont souligné, beaucoup d’enfants présentent encore aujourd’hui de troubles de comportements (comportements agressifs, peurs, manque de concentration, etc.).

A la suite des vagues de protestations internationales face à l’attaque de l’armée israélienne contre la flottille, Israël a annoncé un assouplissement du siège. Dans les faits, l’assouplissement n’est que cosmétique, et ne change pas en profondeur la situation de dépendance et de détresse dans laquelle se trouve la population.

La situation désastreuse dans la bande de Gaza n’est pas le fait d’une catastrophe naturelle, mais bien le résultat de choix politiques dont la communauté internationale est aussi responsable. L’isolement et la punition collective d’un million et demi de personnes, est intolérable. Il est temps d’agir pour permettre la reconstruction de Gaza et d’en finir avec le siège. Dans ce contexte, plus que jamais, les enfants palestiniens de la bande de Gaza ont besoin de structures et d’activités où ils peuvent se développer, s’exprimer et se sentir en sécurité. Mobilisons nous afin que les enfants palestiniens de Gaza ne soient pas oubliés!

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