L’art est producteur d’espoir, moyen de libération de la mémoire personnelle et collective. En ce sens il peut dépasser les obstacles qui deviennent alors des repères.
A l’occasion de sa visite et d’un atelier artistique sur la sculpture en fil de cuivre avec les enfants non voyants de l’école Al Shourouk de Beit Jala, Claude Garrandes, vous invite à une rencontre autour de ce thème, mercredi 21 octobre, à 18h à l’auditorium du Peace Center de Bethléem. Il tiendra une conférence et sera ensuite disponible pour répondre à toutes questions.
Claude Garrandès, français originaire de Nice, n’a pas eu un parcours comme les autres. Atteint de cécité à l’âge de 12, il est aujourd’hui professeur de braille, éditeur de livre d’art pour aveugles mais également juriste, docteur en psychologie, psychanalyste et professeur certifié en sciences économiques et sociales ainsi qu’artiste créateur exposant.
Sa détermination à vouloir triompher des épreuves que lui imposèrent sa cécité lui aura permis de s’affranchir avec succès des obstacles liés à sa condition de non-voyant. Son objectif depuis lors aura été de rendre l’art accessible au plus grand nombre, au travers du contact et du relief, pour voir autrement. C’est dans cette perspective, il inventa le précieux dispositif URANIA (système Utilisant et Rendant Accessible le Numérique et Interactivité aux Aveugles. Il s’agit de la conception et de la création de la première interface graphique permettant à un aveugle de dessiner et numériser l’image).
Au sujet de l’atelier artistique sur la sculpture en fil de cuivre proposé par Claude Garrandès à des enfants non-voyants, son ami de longue date, Gilbert Beranger écrit :
« Fil de chaîne en main, l’Artiste trace une trajectoire enlaçant les fils de trame de l’espace. Torsions, contorsions, tensions et noeuds ; douleurs de l’être que l’ombre absorbe. […]La forme, la sculpture de fils n’est que ombre matérielle d’une image sous les paupières, projections, assemblage d’émotions, de pulsions, de raisons suscités par la rage de toucher comme pour les gestes retenus ou encore par les mots non proférés.
Il n’y a pas d’amour, dans le sens habituel, dans l’oeuvre de Claude Garrandes mais force de vie. Il n’y a pas de complaisance esthétique mais beauté de ce qui donne vie. »


